Comment se transmet l'hantavirus ?
Le rôle des rongeurs
Les hantavirus sont des zoonoses— des maladies animales qui peuvent se transmettre à l'être humain. Les rongeurs sauvages constituent le réservoir naturel de ces virus : ils hébergent le virus dans leurs urines, leurs fèces et leur salive, sans en être malades eux-mêmes. Chaque souche d'hantavirus est généralement associée à une espèce réservoir spécifique.
Les principales espèces réservoirs en Europe et en Amérique du Nord sont le campagnol roussâtre (Myodes glareolus, virus Puumala), le mulot rayé (Apodemus agrarius, virus Hantaan et Saaremaa), la souris sylvestre (Peromyscus maniculatus, virus Sin Nombre) et, pour le foyer 2026, la souris à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus, virus Andes) en Patagonie.
Comment l'humain est contaminé
Le mode de transmission principal est l'inhalation d'aérosols contaminés. Ces aérosols se forment lorsque des matières biologiques infectées (urine, fèces, salive) sèchent et se fragmentent en fines particules qui restent en suspension dans l'air. L'être humain inhale ces particules sans s'en rendre compte.
D'autres modes de contamination sont possibles mais secondaires : contact direct d'une plaie ou d'une muqueuse avec des matières infectées, morsure d'un rongeur infecté (rare).
Lieux et activités à risque
Tous les lieux où des rongeurs séjournent ou ont séjourné constituent des zones de risque potentiel. Les situations les plus fréquemment à l'origine de contaminations sont :
- Nettoyage de locaux fermésnon utilisés depuis longtemps : caves, greniers, granges, remises, garages, chalets de montagne, refuges de randonnée. C'est la situation la plus à risque — le balayage à sec ou l'aspiration génèrent des aérosols viraux.
- Travaux agricoles : manipulation de fourrage, de paille, de bois ou de vieux matériels stockés en bâtiments peu ventilés.
- Activités de plein air en zone endémique : camping, randonnée avec bivouac dans des abris, travaux forestiers.
- Manipulation de rongeurs morts ou de nids de rongeurs sans protection.
Ce qui n'est pas une voie de transmission
Contrairement à de nombreuses autres maladies infectieuses :
- Les hantavirus ne se transmettent pas par les piqûres d'insectes (moustiques, tiques, puces).
- Ils ne se transmettent pas par voie alimentaire, sauf en cas de contamination directe par des déjections de rongeurs (eau ou aliment souillé).
- Il n'y a pas de transmission par contact avec un autre humain malade, à l'exception du virus Andes (voir ci-dessous).
Tableau des risques évalués
| Situation | Niveau de risque | Note |
|---|---|---|
| Nettoyage à sec d'une cave infestée | Élevé | Aérosols générés par balayage |
| Nettoyage avec désinfectant + masque FFP2 | Faible | Protocole recommandé |
| Randonnée en zone endémique sans contact rongeurs | Modéré | Éviter les abris insalubres |
| Contact avec un patient hantavirus (souche non-Andes) | Nul | Pas de transmission interhumaine |
| Contact proche et prolongé avec un patient virus Andes | Modéré | Transmission documentée mais rare |
L'exception du virus Andes
Le virus Andes (Orthohantavirus andesense) est le seul hantavirus connu pour se transmettre entre humains. Cette transmission interhumaine, documentée pour la première fois lors d'un cluster familial à El Bolsón (Argentine) en 1996, reste néanmoins rare et limitée à des contacts proches et prolongés.
Les modes de transmission interhumaine documentés incluent :
- Gouttelettes respiratoireslors de contacts rapprochés et durables (cohabitation dans un espace confiné, soins en l'absence de protection adaptée).
- Contact directavec les sécrétions d'un patient en phase aiguë.
Cette caractéristique est au cœur de la surveillance renforcée du foyer MV Hondius 2026 : la promiscuité inhérente à la vie à bord d'un navire de croisière crée des conditions potentiellement favorables à une transmission interhumaine du virus Andes.
À titre de contexte : aucun cas de transmission interhumaine n'a été documenté avec les hantavirus européens (Puumala, Dobrava, Seoul, Saaremaa) ni avec le virus Sin Nombre d'Amérique du Nord.
Période d'incubation
La période d'incubation varie selon la souche et l'individu :
- HFRS(hantavirus européens et asiatiques) : 1 à 2 semaines, rarement jusqu'à 8 semaines.
- HPS (hantavirus des Amériques) : 1 à 8 semaines après exposition.
- Moyenne globale citée par l'Institut Pasteur : 2 semaines.
- Virus Andes spécifiquement : peut atteindre plus de 4 semaines. C'est pourquoi une surveillance médicale de 42 jours est recommandée après le dernier contact avec un cas confirmé virus Andes.